Il faut voir une usine de peluches conventionnelles pour comprendre. Des caisses de petits yeux en plastique qu’un ouvrier insère à la chaîne, un rembourrage en polyester vierge qui fond à la première flamme, des étiquettes cousues au nylon. Le tout, c’est ce qu’un enfant porte à la bouche pendant trois ans.
Chez Petite Libellule, chaque choix est un refus. Nous brodons les yeux au fil de coton — douze étapes au lieu d’une, mais rien ne peut se détacher. Nous rembourrons à la ouate de polyester recyclée, fabriquée à partir de bouteilles en plastique déjà utilisées (le seul endroit où nous tolérons le polyester, parce qu’il boucle un cycle au lieu d’en ouvrir un nouveau).
Les étiquettes ? En coton beige, imprimées à froid, cousues à la main. Elles vieillissent bien — elles ne se délavent pas, elles se patinent. Un peu comme les bonnes choses.


