Je suis née à Kinshasa. J’ai grandi à Nantes. Entre les deux, il y a toujours eu une langue — le swahili — que ma mère parlait avec ma grand-mère, et que je n’ai jamais vraiment appris. J’ai décidé, en lançant la maison, que chaque personnage porterait un mot de cette langue. Non pas par exotisme, mais parce qu’un prénom est une promesse, et que j’aimais ce que ces mots promettaient.
Umoja, c’est l’unité — celle qu’on construit quand on s’entoure de ceux qu’on aime. Kaefra, c’est « celui qui est patient », qui attend. Lya, c’est « ma mère » — la figure qu’on appelle quand on est petit, et qu’on cherche toujours un peu, même adulte.
Nous n’avons pas choisi ces mots pour leur sonorité. Nous les avons choisis pour leur tenue. Ce sont les mêmes critères que pour un tissu.


